On croit souvent que sa destinée est intérieure et qu'elle s'arrête là. Le corpus dit autre chose, et il faut deux mots pour l'entendre — parce qu'il en emploie deux, et qu'ils ne disent pas la même chose.
Le calife est celui à qui Allah a donné un sultan. Ce sultan est un commandement — et ce commandement porte sur des moyens, des moyens multiples, parce qu'ils appartiennent à Allah.
Ce qui est écarté n'est donc pas la puissance, c'est l'arbitraire : « les moyens, ce n'est pas qu'Allah va lui donner des pouvoirs magiques et lui dire : maintenant fais ce que tu veux. »
Le partage suit sa vie. Au zuhûr, il a goûté les moyens sans avoir le commandement dessus — l'état lui est tombé dessus sans qu'il ait cheminé pour, et il n'avait pas la prise. À l'islah, il retrouve le même état par le cheminement, et le commandement avec.
Et ces moyens ont un nom : ce sont les causes. Son établissement sur terre — le tamkîn — se fait non par prodige, mais par les causes, sur le modèle de Dhul-Qarnayn, à qui il fut donné de toute chose un moyen. Quand il est dit que les constellations lui obéiront, la lecture est directe : les causes de la richesse, les causes du pouvoir, les causes de la force.
Reste la condition, et elle renvoie à toute sa formation : dévoilé avec les moyens et le commandement sans la science, la sagesse, l'esprit aiguisé ni la combativité, « il est mis en danger ». Ce qui le tient n'est pas ce qui lui est donné — c'est ce qu'il est devenu avant de le recevoir.
Quand Allah donne les moyens, on a moins droit à l'erreur, non plus.