Comprendre › Les personnages
Ceux qui traversent le récit, et ce qu'ils y font.
On comprend un récit par ceux qui le traversent. Voici les figures que le corpus nomme le plus — ce qu'elles sont, ce qu'elles cherchent, et où elles se tiennent par rapport à lui.
Chaque carte s'ouvre.
Ce corpus ne le tient pas pour un second personnage : 'Issa est une station, et ce qui descend à la fin des temps est l'esprit, sur celui qui le porte. Les prophètes n'en ont reçu qu'une part — la plus grande revenant à 'Issa, qui en est le fils spirituel. Une part tout de même.
Ce que son retour doit rétablir est nommé dans le Coran : il s'y défend d'avoir demandé qu'on le prenne, lui et sa mère, pour des divinités (5:116). Ce qui a fixé cette divinisation n'était pas l'amour de ses proches — en 325, le concile de Nicée, convoqué par l'empereur Constantin, en fait un dogme, et l'empire y gagne une religion d'État.
Le développement complet est sur la page Qui est-il ?
Ad-Dajjâl — l'imposteur. La racine dit ce qui recouvre, ce qui enduit : ce qui masque en donnant une belle apparence. Le nom porte déjà tout ce que le corpus en dit.
Cette période n'est pas dangereuse parce qu'elle serait violente : elle l'est parce que ce qui est faux peut sembler vrai. Pour celui qui la traverse, la grande épreuve devient autant une question de discernement que de survie.
Le siècle est le sien, et sa fitna se répand sur toute la terre. Ce qu'il poursuit n'est pas d'abord le pouvoir : effacer l'identité — al-huwiyya — et falsifier l'humanité jusqu'à la faire disparaître.
À chaque envoyé correspond un ennemi de rang égal dans le camp adverse. L'ennemi déclaré d'Iblîs, c'est lui — et la raison n'est pas une inimitié de circonstance : il sait que c'est celui-là qui causera sa perte.
Ce qu'il a fait pour le trouver : racheter les livres saints, les contes, les histoires portant sur les messagers — non pour les faire disparaître, mais pour savoir exactement qui est ce personnage.
Le Verdoyant. C'est le compagnon le plus présent du corpus. Il est vivant — et le contresens est écarté : ce n'est pas quelqu'un qui passe d'un corps à un autre ; Allah lui a donné la longévité, spirituelle, physique et mentale.
Il est l'un des califes qu'Allah a choisis pour la création sur terre, rangé parmi les exécuteurs d'ordre, les veilleurs. Seul lui sait où est l'eau de vie — et il n'en fera boire qu'au Mahdi.
Il est là avant tout le monde. La rencontre a une date ; la présence, non.
Ce que les sept font, le corpus le rapporte : ils lui collent à la peau, ils ne le lâchent pas, ils lui prêtent allégeance entre le Rukn et le Maqâm.
Ce qu'ils sont, dans la lecture que ce corpus tient : « sept autres rouh — des rouh qui viennent de ce même rouh qu'est l'imam. Ce sont des parts de lui, comme les archanges sont des parts de lui. »
Cela explique ce que le corpus rapporte sans l'expliquer : qu'ils le reconnaissent par dévoilement, sans preuve, et qu'ils ne peuvent pas s'en détacher là où tous les autres se détournent. Ils ne le reconnaissent pas de loin : ils le reconnaissent de l'intérieur.
Le signe vient après la mort du menteur. Gog et Magog sortent — ceux que Dhul-Qarnayn avait enfermés derrière une digue, et que la digue ne retient plus.
Ils meurent tous en une nuit. Un homme est envoyé voir ; il revient et dit ce qu'il a vu : des corps à perte de vue, et l'air empesté par eux. Des oiseaux au long cou sont envoyés, qui les jettent à la mer.
Puis il pleut — si fort que, vue du ciel, la terre ressemble à un miroir. Et une dernière pluie descend, une pluie grasse, qui n'est pas de l'eau ordinaire.