Les prophéties › Gog et Magog
Le dernier désordre, et il ne finit pas par une bataille.
Le signe vient après la mort du menteur, et il est le dernier grand désordre. Ceux que Dhul-Qarnayn avait enfermés derrière une digue sortent, et la digue ne les retient plus. Ce qui suit ne ressemble à aucun des signes précédents : il n'y a ni combat, ni vainqueur.
Gog et Magog sortent — ceux que Dhul-Qarnayn avait enfermés derrière une digue, et que la digue ne retient plus.
Ils ne sont pas vaincus : ils meurent tous en une nuit. Un homme est envoyé voir ; il revient et dit ce qu'il a vu — des corps à perte de vue, et l'air empesté par eux.
Puis des oiseaux au long cou, semblable à celui des chameaux, sont envoyés : ils prennent les corps et les jettent à la mer.
Aucune arme n'intervient, aucune armée. Le dernier désordre du monde se défait sans que personne ne le combatte.
Ya'jûj et Ma'jûj dans le Coran, Gog et Magog dans la Bible. Le nom se répond d'une tradition à l'autre — le contexte et la fonction, eux, ne se recouvrent pas exactement.
C'est un cas où ce corpus rapproche sans fondre : il note la correspondance et laisse l'écart visible, plutôt que de l'effacer pour faire tenir la ressemblance.
On ne prête pas à un texte ce qu'il ne dit pas, et l'on ne comble pas un écart en le taisant.
שִׂים פָּנֶיךָ אֶל־גּוֹג אֶרֶץ הַמָּגוֹג
Fils de l’homme, tourne ta face vers Gog, au pays de Magog, prince souverain de Mosoch et de Thubal, et prophétise sur lui.
Ézéchiel 38:2حَتَّىٰٓ إِذَا فُتِحَتْ يَأْجُوجُ وَمَأْجُوجُ وَهُم مِّن كُلِّ حَدَبٍ يَنسِلُونَ
Jusqu’à ce que Ya’jûj et Ma’jûj soient relâchés, et qu’ils se précipitent de chaque hauteur.
Coran 21:96Les deux noms sont le même. גּוֹג et מָגוֹג en hébreu, يأجوج et مأجوج en arabe — et Kazimirski, qui traduisait en 1840, le notait déjà dans ses marges. Ce que les deux textes ne disent pas pareil, c’est la suite : l’un les fait tomber sur les montagnes, l’autre les fait mourir en une nuit. Le corpus garde l’écart visible.
Le corpus range ce signe avec une image qui en donne la portée : la terre comme un miroir.
Ce qui se déverse sur elle au dernier moment n'ajoute rien qui n'y fût déjà — cela rend visible ce que le monde contenait. C'est le même geste que la bête, à l'échelle de la terre entière.
Rien ne revient en arrière. Les signes majeurs ne sont pas des avertissements dispersés : ils s'enchaînent, chacun appelant le suivant.
Gog et Magog viennent après la mort du menteur, et ils sont le dernier désordre — ce qui veut dire que ce qui suit n'en est plus un. Après eux, le vent.
C'est ce qui distingue les signes majeurs des autres : les petits sont des états du monde, réversibles, qu'on peut voir sans les reconnaître. Les majeurs sont des événements — on les voit, et il n'y a plus à discuter.